ANGOULINS EN 1757 (par Jean Joguet)

Il y a deux cents ans Angoulins plus que tout autre région de la France vivait dans l'incertitude de la guerre, celle de Sept Ans. On se rappelle les gardes-côtes qui combattirent aux côtés de l'armée régulière pour empêcher le débarquement anglais aux environs de Châtelaillon ; cependant, la vie, celle de tous les jours, continuait, et le curé d'Angoulins, M. Toutant-Beauregard baptisait et enresgistrait dans la communauté paroissiale 30 enfants dont 18 garçons.Il serait trop long de relater tout ce que contiennent ces actes ; j'en tire ce qui me semble caractéristique. Le 17 mai naissent des jumeaux, Jean et François Guiborel ; Jean meurt le 7 juin et le 16 septembre c'est le tour de François. Le 19 juin c'est le baptême d'un sauvage prénommé Denis, âgé de 11 ans et né au Canada ; il appartenait à M. de Maccarthy ; il ne survécut que neuf jours et fut inhumé à Angoulins. Le 12 février, c'est le baptême de Jean-Prudent Merland, fils de René Merland, l'instructeur de la jeunesse. Le 2 février, M. Toutant baptise Etienne Nadeau, fils de Pierre, qui s'était marié le 20 novembre 1753 avec Marie Jollet ; ce Pierre Nadeau, laboureur, était originaire de Lussas, en Périgord, et son fils Etienne devait épouser, le 12 janvier 1778, Suzanne Giraudeau, d'Aytré.Il y eut trois mariages, tous les trois dans les deux premiers mois de l'année. 21 personnes furent inhumées en 1757, dont 12 enfants de moins de dix ans sur lesquels 6 n'avaient pas encore un an. un seul, Luc Dezire, farinier de son état, atteint l'âge de 74 ans ; il fut enterré dans l'église à côté de la grande porte à main droite. le 24 septembre on enterre le fils d'un tailleur de pierres chassé de l'île d'Aix par les Anglais, Jean Métayer.

Jean Joguet