Il y a 400 ans (par Jean Joguet)

C'est un acte notarié du 17 mars 1554 que M. Senet a extrait d'une liasse de vieux papiers ; l'encre est encore opaque et nette sur papier de chiffons légérement rongé à la pliure. un document qui se porte bien malgré ses quatre cent ans passés et qui nous apporte une image du vieil Angoulins.Les contractants André Prévost, Jehan Lebouil, Jehanne Gariolleau et le notaire François Delahaye sont de La Rochelle, mais une partie des biens échangés sont situés dans la paroisse d'Angoulins :Une maison à faite avec tout ce que ledit Prévost a recueilli de la succession de Nicolas Goullin et de Mathurine Faure, sa femme, c'est à dire meublée d'un grand chaslit, deux chaslits de couchette, une maie à pétrir, un marchepied, trois escabelles... Elle est sur la grande rue par laquelle on va dudit bourg à L'Isleau. Dans les confrontations on relève en outre le nom de "la maison des Aigreaux", ceux de Marchaix, Pierre Sorin, Jacques Pourceau...Trois quartiers de vigne, sis au Clos Saint-Jehan, tenant au chemin d'Angoulins à Châtelaillon et à celui du Coi Saint-Jehan au pont du même nom. la maison et deux quartiers de vigne doivent un loyer annuel de 40 sols payable à la Chappellenie des Roquards et de 2 sols 6 deniers à Jehan Langlois, apothicaire à La Rochelle. Le troisième quartier de vigne est redevable du huitain des fruits à la chapelle Saint-Jehan du Sable.Trois pièces de vigne, au fief du Paradis, en la seigneurie de La Jarne, qui paient le dizain des fruits. Une pièce de marais salants en la "Prinse du Ché", contenant 6 livres, 9 aires avec ses "jacz, conches, sartières, bossioux...", qui doit à la Commanderie de Séchebouc la moitié du sel et du foin ; "l'herbe desquels bossioux... ledit Commandeur est tenu de faulcher et coupper et lesditz Lebouil, sa femme et les leurs seront tenus icelle fener et amusonner..."Tous ces biens situés à Angoulins furent échangés contre une maison de la rue "Saint-Père", à La Rochelle ; elle était redevable de plus de 12 livres de rente aux fabriques et commanderie de Saint-Jehan-du-Pérot, ainsi qu'aux religieux du Temple.Tel est donc cet acte de 1554 ; certains le trouveront de maigre intérêt et regretteront les chevauchées légendaires des quatre chevaliers. Comme la vie, l'histoire est faite de petites choses qui prennent leur intérêt dans l'ensemble. Et puis peut-être avez-vous chez vous des documents encore plus intéressants ?L'histoire d'Angoulins n'est pas épuisée. dans le prochain numéro, vous verrez qu'en 1623, il y eut 23 contrats de mariage passés devant M. Oclerc, le notaire d'Angoulins ; je suis sûr que cela vous intéressera, comme je suis certain d'autre part qu'en ce mois d'octobre vous voudrez bien renouveler votre attachement à "L'Echo" qui vous permet de mieux connaître votre paroisse.

Jean Joguet