Les chapelles de Saint-Jean-du-Sable et de Sainte-Catherine-les Moulins-Neufs

Des quatre chapelles qui existaient à Angoulins, celle de Saint-Jean-du-Sable, dépendante de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély et celle de Sainte-Catherine-les Moulins-Neufs, dépendante de l'abbaye de Fontdouce sont très peu connues malgré l'origine merveilleuse de la première. A la fin du XVIIe siècle, elles étaient abandonnées de leurs abbayes et en ruines.Mais elle avaient encore quelques revenus, suffisamment pour que René Lorès, curé d'Angoulins, demandât au Pape d'en être pourvu afin de mieux subsister, ce qui lui fut accordé. donc le 1er juillet 1682, par devant Messire Decomps, curé d'Aytré et notaire apostolique, en présence de B. Mariocheau, de J. Thomas, de la Compagnie de Jésus, et de frère Anasthase Rillot, Augustin, on se réunit devant la porte de l'église d'Angoulins où ledit Lorès "a faict aspersion d'eau béniste, sonné la cloche, prié à genoux devant le grand autel, baisé le missel, leu quelques oraisons après l'avoir ouvert et fait tout autre acte de vray et légitime possesseur..." Puis "nous serions tous transportés dans une vieille chapelle dédiée à saint Jean et vulgairement appelée Saint-Jean-du-Sable où ledit sieur Lorès y auroit entré, remué des pierres pour en prendre possession, tout lequel a faict en nostre présence..."J'ignore où se trouvait exactement la chapelle Sainte-Catherine-les Moulins-Neufs. M. Lorès ne s'y rend pas pour en prendre possession ; on ignorait peut-être déjà son emplacement et le souvenir en était resté par quelques cens dûs au prieur. Cependant parmi les petits ports qui jalonnaient la côte de l'Aunis, deux, situés entre le Coi-de-Chaux et le Chenau-Neuf portent les noms de Moulins-Neufs et de Sainte-Catherine, ce qui placerait la chapelle non loin du Pont de la Pierre, tout près de la mer. Cet endroit était idéal pour les moulins puisqu'en 1467, Jehan de Donnes passe un marché avec le charpentier Simon Millon pour la construction d'un moulin à vent soit à la Moulinate, aux Moulins-Neufs, à Vinaigre ou à Saint-Jean-du-Sable.Sainte-Catherine-les Moulins-Neufs, quel dommage qu'un si beau nom ait disparu ! Saint-Jean-du-Sable ne subsiste que dans un village avec une appellation déformée par l'Etat-Major. A la fin du XVIIe, le curé d'Angoulins se plaignait du "prévail ou frairie" qu'on y donnait le 24 juin, sans doute autour d'un immense feu de Saint-Jean ; une tradition qui s'est perdue ! Ne serait-il pas possible de la renouer, sur la plage au bord de la mer, tout près de ce "coi" qui vit arriver, au IXe siècle, trois moines portant le chef vénéré de saint Jean-Baptiste.

Jean Joguet.