LES GARDES COTES EN 1736 (par Jean Joguet)

En 1736, il y avait à Angoulins, 67 gardes-côtes officiers et soldats, et 10 exemptés ou invalides. Voici leurs noms :
Capitaine : Michel Peletié
Second : Mallac
Enseigne : Chauvet
Sergents : Jean Chauvet, Jean Besson
Caporaux : Jean et Louis Gaillard, Pierre Siprès, Louis Boutelié
Tambour : Jean Carron
Soldats : Pierre Besson, Etienne Pinet, Laurent Péroche, André Gaury, René Senet, François Gilbert, Nicolas Bertain, René Siprès, Jacques Mounier, Louis Charpentier, André Besson, Jean Daubijon, Simon Brisson, Jacques Pillier, Jacques Gilbert fils, Jean Rabi, François Bonneau, Pierre Bachereau, Louis Senet, Pierre Beignon, François Daguain, Jean Vret, Jean Roussié, Charles Gaillard, Jacques Véron, Jacques Renault, Pierre Roy, Jacques Gilbert père, Vincent Ancelain, Jacques Goichon, Etienne Macouillard, Daniel Blanchet, Jacques Gouin, François Trudet, André Richard, Louis Morin, Pierre Marcou, François Brochet, Jacques Péraud, Antoine Chauveau, Jean Caron, Jean Mounié, André Brochet, Jean Texier, Isaac Gilbert, Jacques Brisson, Simon de la Garde, Mathurin Chesne, Jean Challat, Jacques Carré, Laurent Jollé, Etienne Carré, Joseph SalléInvalides ou exempts : Jean Delavois, Pierre Raclaud, Michel Cardineau, Jacques Cartié, Jean Bouet, Jean Raclaud, Alexandre Suire, Thomas Carré, Jean Pénard, Laurent Rambeau.
A la mort de Louis XIV, le service était négligé et une réorganisation s'imposait ; ce qui fut fait par l'ordonnance du 5 juin 1757. Les milices comprennent tous les habitants mâles qui ne sont pas inscrits maritimes âgés de 16 à 60 ans ; en sont dispensés les charpentiers de navires, les calfats, les syndics de paroisses et les collecteurs d'impôts. Comme dans l'armée, la discipline est sévère, prison pour des pécadilles, galères ou mort pour les fautes plus graves. les miliciens ne perçoivent aucune solde ; par contre, suprême honneur, les tambours sont habillés de la petite livrée du Roi et battent l'ordonnance comme dans l'infanterie française.La conduite héroïque des gardes-côtes en 1757 incita le Roi à leur donner un statut plus avantageux, mais ce fut dans les honneurs ; les troupes étaient assimilées à l'infanterie et les officiers pouvaient recevoir cette Légion d'Honneur de l'Ancien Régime, la Croix de Saint-Louis. Puis ce fut le calme : longues factions sans gloire pendant la Guerre de l'Indépendance américaine, stages de formation dans l'île d'Aix, exercices le dimanche sur la place publique, revues... Une soixantaine d'habitants d'Angoulins étaient sur le pied de guerre et au premier signal, ils partaient se regrouper avec leur régiment aux points névralgiques ; armes, munitions, équipements étaient toujours prêts. On s'étonne parfois de la merveilleuse adaptation du Français aux guerres de la République et de l'Empire ; mieux que le service militaire obligatoire et les périodes de réserve, les milices avaient formé des hommes qui savaient se battre. En 1810, lors de l'attaque anglaise sur le fort de la Pointe-du-Cahy, les anciens crurent revivre le temps où ils étaient garde-côtes ; ils se portèrent à l'ennemi avec le tambour au pas de charge. il n'y avait pas assez de fusils pour tous.... mais les angoulinois firent leur devoir et s'opposèrent à une pire catastrophe.

Jean Joguet