En cette année 1810 les péniches anglaises sont très virulentes quant à l’application du strict respect du blocus commercial et économique imposé à la France. Les bâtiments marchands qui croisent entre Bordeaux et La Rochelle sont souvent capturés ou brûlés par les anglais. (in Paroles d’Angoulinois, n°1, article intitulé Le 20 janvier 1810 à la Pointe du Chay, mai 2001, et in Le fortin de la Motte Grenet, monographie de Denis Briand, mai 2003). Débutant avec la capture et la destruction de trois bricks le 12 septembre 1810 les navires Caledonia et Valiant ont été très vite employés pour casser la liaison commerciale empruntant la rade des Basques, cette voie maritime entre La Rochelle et l’île. A la fin du mois de septembre 1810, trois nouveaux brigantins essaient de forcer le blocus mais se retrouvent sous la menace des péniches anglaises. Trouvant refuge près de la batterie de la Pointe du Chay, les bâtiments vont toutefois faire l’objet d’une nouvelle attaque anglaise...L’épisode qui suit est tiré de Naval History of Great Britain, Vol V, 1808 -1811 de William James que j’ai traduit de l‘anglais :“Dans la nuit du 27 septembre 1810, le Caledonia armé de 120 canons et commandé par le capitaine Sir Harry Neale, le Valiant, sous les ordres du capitaine Robert Dudley Oliver et armé de 74 canons et la frégate Armide (38 canons) du capitaine Richard Dalling croisaient dans la rade des Basques. Ces navires furent détachés sous le commandement du lieutenant Arthur Philip Hamilton afin d’arraisonner ou de détruire trois bricks (brigantins) qui mouillaient dans une anse sous la protection de la puissante batterie de la Pointe du Ché. Constatant la menace, la position d’Angoulins fut renforcée en artillerie avec 4 pièces de campagne disposées sur une plage sous la batterie ; de plus, un détachement important de cavalerie et d’infanterie fut stationné dans le village d’Angoulins. Alors les Anglais dépêchèrent 130 marines -commandés par les capitaines Thomas Sherman et Archibald M’Lachlan, et leurs lieutenants John Coulter, John Couche, Robert, John Little - avec la division de marins répartie sur les trois bateaux.Sur les coups de 2h30 du matin le 28 septembre, les marines débarquèrent sous la Pointe du Ché. L’alarme fut donnée par les bricks qui repèrent les chaloupes de soldats juste avant l’approche des vaisseaux de ligne, et les français ouvrirent immédiatement le feu. Le lieutenant Little donna l’assaut baïonnette en avant accompagné par la division du capitaine M‘Lachlan et un détachement d‘hommes commandés par les lieutenants Coulter et Couche. Rapidement ils s’équipèrent d’armes et de canons. Dans le même temps, le capitaine Sherman et sa division de marines prirent position sur la route bordant la mer, face au village d’Angoulins appuyé par une chaloupe sur laquelle était monté un canon. En très peu de temps, la troupe à pied et à cheval arriva d’Angoulins mais fut stoppée par un feu nourri des marines et de la chaloupe. Avant le lever du jour, les français auraient pu percer la ligne en la flanquant avec une pièce de campagne mais les anglais n’attendirent pas cela et chargèrent rapidement à la baïonnette poussant les français à la fuite. Pendant ce temps, les marins avaient réalisé la capture de deux brigantins et la destruction du troisième. Les marines ré-embarquèrent sans avoir subi de perte mis à part un blessé :un officier fut touché lors d’un combat en corps à corps avec un soldat français : il reçut une décharge de mousquet dans la main nécessitant son amputation. Les français dénombrèrent quant à eux 14 morts pour la défense de la batterie de la Pointe du Ché.”
article de Denis Briand