La Réforme n'eut guère de prise sur la population d'Angoulins. A la fin du XVIIe siècle, il y avait 120 protestants à La Jarne, 400 à Bourgneuf, 16 familles à La Jarrie, et 4 seulement à Angoulins. Ces chiffres extraits de visites pastorales sont les seuls qui nous restent pour déterminer la part des catholiques et des protestants. D'autre part l'étude des contrats de mariages autorise à penser qu'il n'y eut point de protestants parmi la population et que seuls, seigneurs et bourgeois originaires de La Rochelle, furent les disciples du nouveau culte.A la fin du XVIe siècle, Evrard de Portcillon, le seigneur de Jousseran, qui fut écuyer et maître d'hôtel du Comte de Nassau et procureur du Prince d'Orange à La Rochelle, était protestant ainsi qu'Anne de Nagères, sa femme. Au XVIIe siècle, les Berne, qui avaient une place prépondérante dans la commune de La Rochelle, furent aussi protestants. Jehan Berne, le seigneur d'Angoulins, fît même établir, en 1630, dans une dépendance de sa maison noble de Jousseran, un cimetière pour ses coreligionnaires, où il fut lui-même inhumé en 1635.C'était un terrain clos de murs de un casseron -un demi journal environ - qu'il avait affermé aux protestants d'Angoulins. l'acte fut passé par Salomon Lefebvre, ministre du Saint-Evangile en l'église réformée de Bourgneuf et d'Angoulins ; de protestants en cet acte, il n'y avait de présents, pour notre paroisse, que Jehan Rouandeau, ancien, Jean et Louis Berne ; les autres étaient de La Rochelle, de La Jarne ou de Bourgneuf. C'est à dire le petit nombre de protestants.Il y avait cependant un lieu de culte protestant signalé dans les visites pastorales du XVIIe siècle. En 1667, le seigneur d'Angoulins, Mousnereau Berne, afferme pour une durée de cinq ans à Elizabeth Cougnat, la terre de Jousseran. dans l'acte, il est spécifié qu'elle "enverra quérir le Minsitre qui fait le prêche à Angoulins le jour de son exercice, lui donnera à dîner et le retournera en sa maison.." La famille Berne va bientôt disparaître de la seigneurie d'Angoulins ; les Gabarret qui lui succèdent paraissent catholiques. A la fin du XVIIe, il n'y a plus que 4 familles protestantes et ce nombre n'ira pas en croissant. Au XVIIIe, il n'y a pratiquement plus de réformés.
Jean Joguet.